lundi 30 décembre 2019


-L’instrument de la nuit-
-mNIm-
-11/12/2019-

J’ai perdu ma corde à sauter et mes billes
J’ai perdu l’équilibre Et la vue crevée
J’ai Aujourd’hui Quatre-vingt quatorze
C’est la fête de ce crétin que j’ai toujours été
Eté ou hiver Je ne vois rien de beau sur terre
La pierre à évier n’a pas changé Elle est cassée
La laque sur le mur ressemble à mes voyages
J’ai parcouru les rues Les ruelles Les impasses
J’ai côtoyé toutes les saisons de ma tristesse
Un arbre Encore vert Comme je n’ai pas été
Eté ou printemps Je n’ai pas pris le temps
Aussi disponible à la pluie qu’à mes rêves
L’autre pièce de ma vie C’est une rencontre
La découverte de la déesse de la solitude
Elle m’a nourri de ses méandres évidés
Elle m’a questionné sur les sons de la pensée
Pourquoi ne pas jouer avec le plus clair
Et quand viendra le moment du dialogue
J’ai vidé mes envies Si belles et si nombreuses
J’ai essayé de sortir Il faut quitter la nuit
Pour se faire un instrument de musique avec un sapin

-18h15-






































-Sur la corde raide (suite)-
-mNIm-
-11/12/2019-

Je n’ai jamais sauté avec ma corde raide
Un pas de plus Les pieds en l’air Bête
Un sourire tout seul La corde sur le sol
Le soleil ne m’a jamais totalement ennuyé
Mes lunettes sur mes billes Façon gangster
Mes billes si rondes Je me pose la question
Comment as-tu rencontré le bonheur
Car je ne vous l’ai pas déjà dit Aussi
Je suis heureux Je suis triste mais heureux
Avec les gens d’en face Et mon panier plein
Avec la marchande de sourire Et les voisins
Avec l’air des chants des babillages des rues
Avec Aussi Le déplaisir de dresser une parole
Il fait bien dix ans que je ne parle plus
Le matin Je vidange mes souvenirs d’hier
Je me sers un verre d’eau chaude et claire
Je bois cette mixture que je n’aime pas
Et Alors Tout ce qui vient ensuite me plait
Le sapin en instrument de musique Le bruit
J’ai lancé les billes sur l’évier encore mouillé
Cela ne sert à rien Mais je me sens bien


-18h23-





































-Des billes de sapin (suite et fin)-
-mNIm-
-11/12/2019-

Tout cela était la nuit d’hier soir
Car mon équilibre ne me gêne plus bien
L’instrument de sapin Avec sa corde à sauter
Les billes sous les pieds Je suis tombé
Je ressemble à un homard givré Pas cuit
Il fait plus sombre que la croute du bois
Mes mains aident le carrelage à se réchauffer
Mes savates ont glissé Mes billes pieds-nus
Ma chemise Mon pyjama Mes boutons cassés
La poche vide Ni la moindre miette de pain
J’aime moins le pain noir que le pain blanc
J’aime guère les biscottes Même avec une olive
Je regarde le poste-radio Pas plus de compagnie
Je me sens rassis Comme une huile-moteur
Je passe le temps La main dans mes cheveux
Il reste la lumière Dans les toilettes Plus rien
Sinon Tout est noir Ma nuit Ma vie Mes envies
J’espère que les voisins ne me dérangeront pas
Je suis au frais Sur le sol Je suis froid
Le soleil n’est plus Dans l’instrument à nœud
La corde au sapin J’ai oublié ma fin Ma foi


-18h32-






































-Les flammes bleues mais rouges-
-mNIm-
-13/12/2019-

Rouge Mais Rouge Comme du bleu
Pourquoi les roses sont elles si bleues
Avec leur parfum de toilettes propres
Pour le soleil couchant aussi si bleu
Pourquoi les rayons de l'été me fait si bleu
Comme la couleur de mon steak bleu
Je n'ai pas marché cet Automne sur ma feuille
J'ai écrit des horreurs comme le toréador
L'aiguillon de la langue bleue d'avant
Je n'ai pas saucé le plat de tes tomates
Dans le bord du creux de mon équilibre
Sur les hauteurs du centre de mon rond
Je tourne Je retourne Je regarde l'ampoule
Je jette l'épaule de voir toutes les rougeurs
Sur ta peau Les veines nous transportent
Sur mes pieds Le sol est gelé de rouge
Toutes les rousseurs vers le tout noir
Bientôt arrivera la nouvelle saison
Où le soleil videra dans notre nuit
Le souffle de marcher dans la campagne
En attendant les flammes sont bleues Mais bleues

-20h07-





-C'est écrit sur un panneau-
-mNIm-
-13/12/2019-

Les grosses ne se font pas kidnapper
Mais peut-être les gros et les rouges mais rouges
Eux aussi sont friands de mots écrits
Les gros kidnappent tous les autres alors
Pour les attacher à un rideau rouge
Avec une ficelle bleue Mais bleue Mais fine
Les gros ont la voix de leur chien jaune
Les grosses caressent leurs chattes rousses
Les maigres Mais que font les maigres
Elles écoutent les informations Et comprennent tout
Ils boivent du beaujolais Ni beau Ni laid
Elles vont au marché pour acheter une tomate
Elles se rougissent les tempes Pour la forme
Ils n'hésitent pas à les siffler De loin en loin
Si les maigres regardent le temps de pluie
Elles courent entre les gouttes à gouttes
Bientôt les gros font des plans sur les comètes
Bientôt les grosses redeviennent si belles
A regarder sur la feuille bleue La liste des courses
Et les ni maigres ni grosses ne savent encore lire le panneau

-20h55-
































-Je couscousse bien bas-
-mNIm-
-13/12/2019-

C'est toujours la même chanson Elles disent
C'est plus pratique que de faire du sport
De se faire cambrioler en plein Après dîner
Mais l'intérêt Ils n'ont pas volé le repas
Ça tombe à plat De sauce De tomates fraîches
L'autre jour un gros rouge s'est fait vider
Sans jeter la bouteille à sa grand-mère
Il a retrouvé dans la chambre le bordel
C'étaient des grosses Sans doute Il était rouge
La colère le laissait bouche béante de viande
Il venait juste de terminer Le plat résistait
L'envie d'aller dans un coin toujours propre
L'envie de quitter la table Avant le dessert
Et il retombe dans le désert du désordre
Il n'avait rien entendu Sauf le disque
La chanson tournait encore La même chanson
Il allait reprendre le refrain entre deux bouchées
Quand il ne comprit pas qui avait lancé la musique
Il ne s'était pas fait cambrioler pendant la sieste
Ni devant les flammes du feu encore bleues
Mais Horreur Entre deux cuillères de semoule et ses petits légumes

-21h27-





-Le chien de la même chanson-
-mNIm-
-13/12/2019-

Pampoule venait rarement Le chien malin
Ni si vous vous faites kidnapper ou cambrioler
Ni si vous sifflez une maigre dans l'avenue
Mais pour finir les petits légumes Il était là
Près de la chaise bancale A l'aplomb de la fourchette
Il n'aimait plus le gigot Le gros n'en laissait pas
Et lui comprenait tout tant il était devenu maigre
Tout à l'heure La grosse s'était fait enlever
Mais lui n'avait rien vu Le repas était prêt
Tout à l'heure Des monte en l'air étaient venus
Et repartir avec presque rien Quelques disques
Des vieux Et Des moins vieux Une collection
Une collection de ricanements en sortant du lieu
Pampoule avait levé la tête Sans intérêt
Il venait de terminer sa visite du jardin
Dans un tas de feuilles propres Il s'était arrêté
Dans une cage à poule Il avait croisé un oiseau bleu
Dans le rebord de la poubelle Une carcasse rouge
Sans intérêt Il aurait ses graines de couscous
Ce n'est pas un repas de Noël En Automne
ll savait ne pas se faire remarquer Pour la forme
Il n'était ni gros ni maigre Il était un chien malin


-22h23-





-Mandala de Noël-
-mNIm-
-11/12/2019-

Après l’écriture
Un réveillon rouge et blanc
Demain se reprend
-19h27-

Casseroles dehors
Silencieux et merveilleux
Notre doux repas
-19h28-

Le fruit à croquer
Et le verbe à conjuguer
Et regardons-nous
-19h29-

Nous te garderons
Fruits merveilleux Silencieux
Ecrire au dehors
-19h30-

Les casseroles
Mes mots rouges de demain
Notre réveillon
-19h31-



-Rêve elle-
-mNIm-
-19/12/2019-

Les deux pieds dans le plat Chic Mais froid
Je lui parlais de descendre à la cuisine
Les arbres se lamentent en se penchant sur moi
Les caresses du soleil nous ont tenu au chaud
Une sorte de saison disparate Neige et sécheresse
Une autre façon de manger les noisettes
Je lui demandais de parler à la gouvernante
Tu m'as répondu La gouvernante c'est toi
Alors je regarde mes habits d'intérieur
Je n'ai plus mon petit tablier à plastron
J'ai une jupe ronde raide et sèche toute grise
J'ai des sabots avec une ficelle de soie
J'ai sur la tête un diadème en peau de léopard
Je n'ose regarder mes genoux frissonnants
Voir le reste de mon vestimentaire de guerre
Je ferme les yeux Ma main court sur mes jambes
J'ai sur ma peau des cuisses des bas résille
Ils sont gris aussi Ce n'est pas fin Gris souris
Je referme les yeux Je suis sortie de mon rêve
Et en quelques respirations je m'enfuis
Je retombe dans le vestibule Le dos glacé
Au dessus de ma jupe le seul tablier me cache

-18h23-


-Rêve eux (suite)-
-mNIm-
-19/12/2019-

Les deux pieds dans le plat Froid mais chic
Mes deux sabots sont sur le bord d'un lit défait
Le tablier me serre le cou J'ai tant tiré dessus
Pour cacher la vertu qui habite mon cœur
Pour voiler de la rue la lumière extérieure
Pour me lever Discrète De ce lit voyageur
La ficelle de soie enveloppe encore mes chevilles
Le sol est une dalle de pierre Rouge de fer
Pas de baldaquin Un lit de ferraille Sec
Un matelas de paille coincé entre les draps
Je ne sais d'où je viens Je me sens essoufflée
La porte est encore ouverte Et un ange me regarde
Il sourit près du lit Dans le doute Je grimace
Il est vêtu d'un costume de pluie Façon Asie
Il avance à quatre pattes Comme une araignée
Je pousse mes mollets jusqu'à la paille cassante
Je glisse un cri de surprise Il ressemble à Freud
Un vieux bébé Un ange déçu Un bruit de rue
Il ne cherche plus à approcher Et m'observe d'en dessous
Il doit voir sous ma jupe Je n'ai plus de jupe
Je suis revêtue d'une fine dentelle au point d'Alençon
La lumière s'éteint J'entends courir Je me sens seule


-18h36-





-Rêve heure (et fin)-
-mNIm-
-19/12/2019-

Les deux pieds dans le plat Je suis glacée
Sur la table de la grande salle Une lueur
J'ai remis mes sabots pour plus de commodité
J'apporte sur un plateau La tête de l'ange
Avec ses petits légumes Encore chauds et fumants
Mes mains tenues au dessus de ma tête
Personne dans la pièce Pourtant un brouhaha
Personne ne peut s'asseoir Les sièges sont percés
Personne ne peut voir le dehors de la demeure
Tout semble si petit La table m'arrive aux genoux
Sous les sièges Des angelots regardent vers le haut
Avec les visages tristes Et la faim dans les yeux
Je ne peux plus avancer Je me penche Je m'envole
Le plat dans les bras Le tablier au vent
Tout est blanc de coton Dans le ciel noirci
La jupe est accrochée au fil à linge du soir
Le tablier me monte sur les yeux Silencieusement
Je lâche le plat Je croise un canard Je pleure
J'atterris sur la terre dans un plateau de fer blanc
Je ne tiens plus debout Ma peau est cuite et sèche
Mes mains ne servent plus à rien Coincée
Par une ficelle de soie J'ai deux pieds de cochon
Et je fume dans une douce odeur de rêve croustillante


-18h48-





































-Le chien de la même chanson-
-mNIm-
-13/12/2019-

Pampoule venait rarement Le chien malin
Ni si vous vous faites kidnapper ou cambrioler
Ni si vous sifflez une maigre dans l'avenue
Mais pour finir les petits légumes Il était là
Près de la chaise bancale A l'aplomb de la fourchette
Il n'aimait plus le gigot Le gros n'en laissait pas
Et lui comprenait tout tant il était devenu maigre
Tout à l'heure La grosse s'était fait enlever
Mais lui n'avait rien vu Le repas était prêt
Tout à l'heure Des monte en l'air étaient venus
Et repartir avec presque rien Quelques disques
Des vieux Et Des moins vieux Une collection
Une collection de ricanements en sortant du lieu
Pampoule avait levé la tête Sans intérêt
Il venait de terminer sa visite du jardin
Dans un tas de feuilles propres Il s'était arrêté
Dans une cage à poule Il avait croisé un oiseau bleu
Dans le rebord de la poubelle Une carcasse rouge
Sans intérêt Il aurait ses graines de couscous
Ce n'est pas un repas de Noël En Automne
ll savait ne pas se faire remarquer Pour la forme
Il n'était ni gros ni maigre Il était un chien malin

-22h23-




-Réveillons rouge-
-mNIm-
-11/12/2019-

Réveillon de rouge du demain Réveillons-nous
Mes casseroles laissées dehors les laissent silencieux
Sont-ils merveilleux Ces fruits à garder chez nous
Nous garderons Au réveillon Les fruits de la vie
Merveilleux dehors Si silencieux Si vieux
Aux bruits des casseroles Demain sera rouge
Un demain Et je porterai les casseroles au dehors
Dans le silencieux Le merveilleux Le encore fruit
Garderons-nous le souvenir de nous tous
Des feuilles à écrire comme des fruits merveilleux
Ecriture dans les silencieux du dedans et du dehors
Musique de plume Bruits de casseroles Cris de demain
Ce ne sera pas un rouge réveillon Mais blanc et noir
Réveillons-nous Les herbes blanches Les pommes rouges
Les demains gris et les casseroles du bois du dehors
Réveillons-nous si silencieux Avoir perdu le merveilleux
Avoir gardé les fruits Et gardé la fleur de nous tous
Tous Nous te garderons comme un fruit mur
Comme le merveilleux comme le vent silencieux
Comme le sapin de dehors Et les casseroles fumantes
Demain aussi De joues rouges
Et de nous retrouver pour le réveillon

-19h25-





-Ma flamme-
-mNIm-
-23/12/2019-

Ce matin Je vais marcher Je n'ai pas le choix
La campagne est frissonnante de la gelée
Le ciel reconnaît dans les nuages des formes
Ton visage apparaît entre deux cumulonimbus
Certain de mon échec Je croise les mains
Je ne désire pas mettre mes doigts dans les poches
Je préfère lancer mes gants vers l'avant
Avant Il n'y avait rien Que la pluie menue
Quand j'ai rencontré Ta silhouette bienvenue
J'ai marché sur les cailloux pour m'approcher
La couverture tenue par deux doigts est tombée
Merveille de la nature humaine Ton sourire
Les arbres me giflent le front J'avance
Je ne crois pas en l'avenir Je veux croire en toi
Je lance dans mes environs Ta venue de Vénus
Je rejette plus loin encore l'inexorable fin
Je sais que dans l'espoir Il y a du hasard
Les feuilles collent à mes souliers fatigués
Je cours presque De l'instant à maintenant
J'arrive bientôt Mon pull a chaud Et comment
Alors la porte s'ouvre Son chemisier aussi
Je ne dis rien Elle a compris Elle me sourit

-13h23-



samedi 30 novembre 2019








-Haïku nous-
-mNIm-
-30/10/2019-

Je suis ce mardi
Ne connais pas la soupe
Des feuilles fanées
-19h20-

Ma carrosserie
Déplace des montagnes
Sans mes bagages
-19h21-

L’air cannibale
Refuse tous les parfums
De Toi Ma rose
-19h22-

Ta complicité
Avec orages et pluies
J’aime le mouillé
-19h23-

Compliment du soir
L’auguste poème du noir
Plein de réverbères
-19h24-

Il ne suffit pas
La phrase longue du jour
Nous éclabousse
-19h36-














-D’identité-
-mNIm-
-30/10/2019-

Ma carte d’identité n’est pas périmée
Pourtant Aurait envie de la détruire
De la passer pour le repas de Gros Cochon
Gros Cochon d’Inde mange tout le reste
Permission de dévorer ce papier plastique
Il ne veut pas la grignoter Plastique
Il préfère mes pages d’écriture d’hier
Il me manque la fin du texte Chaque jour
Alors avec ma mémoire morte Je cherche
Le texte d’avant-hier parlait de ventre
Gros Cochon a le ventre gros et goulu
Ma Reine des vilaines ne veut plus le voir
Cochon Gras ne me laisse pas le choix Il
Et le texte s’arrête là Sans papier Alors
Je cherche une suite plus belle qu’avant
Mais moins bonne à croquer A voir
J’essaie de me relire Gros Cochon cherche
Je ne laisse plus de chance Je le gronde
Il s’en fout Il a faim Et il aime les fins de texte
Alors j’ai idée de ne plus écrire de fin

-18h13-





-De la carte(suite)-
-mNIm-
-30/10/2019-

Sur ma carte d’identité Une photo de tête
Ce n’est pas la mienne Je n’en fait jamais
Celle d’un bandit Victime de la police
Il a dû passer dix heures dans la cage à oiseaux
Là Il n’a pu s’envoler et prévenir son gars
Le complice est toujours dans la maison vide
Il a fait au moins trois sacs de bibelots dorés
Elle habite une massive verte et pleine de plis
Des draps étendus dans la rue La couverture trop petite
Elle contient ses fleurs Avec finesse pour le vent
Mais le carrelage glisse encore Et le bandit
Tombé sur des policiers Mais dans le noir
Oui Le troisième venait des îles Un policier pays
La côte avançait lentement dans la mer
Et A force d’observé En habit Les dévisageât
Elle se sentit offusquée Malgré son jeune âge
Moins de quatre-vingt mille francs Presque rien
Et le Gros Cochon avait vidé les tiroirs de la cuisine
Le livre de recette Comment écrire la fin d’une histoire
Qu’on se le dise Il n’est jamais trop tard
Pour ne rien faire Pour tout laisser en plan

-18h23-




-D’identique(et fin)-
-mNIm-
-30/10/2019-

Sur les cartes identiques Quatre photos
Les visages des mairies Où l’on se marie
Elle n’en voulait pas Trop tard Trop petite
Elle voulait vivre dans un manoir moderne
Alors j’ai écrit au préfet Pour qu’il m’aide
Pour changer de commune A grosse mairie
J’ai envoyé un papier déjà mangé
Oui Il faut que je vous dise Gros Cochon
J’écris maintenant sur du papier déjà croqué
Gros Cochon les aime moins Mais elle me pousse
A qui dire que je ne sais plus écrire d’histoire
Et sur le papier mangé Je ne sais plus comment
Commencer entre les traces de dents de Gros
Pour finir par une vraie faim Le papier
Elle m’observe Il s’en va avec son baluchon
Il retrouve son copain dégrossi par l’alcool
Et les trois policiers sont partis se coucher
Gros Cochon Je l’ai mis dehors Sur le papier d’avant-hier
Il m’a mangé le début d’une nouvelle neuve
Et ça parlait de ma photo d’identité Je rêve

-18h31-








-Mon histoire (début)-
-mNIm-
-30/10/2019-

Je regarde sur le panneau Une sorte de plan
Deux chambres Deux couloirs Une entrée
Je ne sais combien de salles de bain
Mais pas de cuisine Pas de cellier Rien
Par contre La cave et des buanderies neuves
Je ne sais qui a déjà habité cette maison
A croire que c’est une maison seconde
Pas une maison secondaire Un lieu dortoir
Avec un couloir long comme ça De pierre
Il arrive tout droit dans le hall de l’hôtel
Il commence à la sortie de la cave noire
Il est éclairé de puits de lumière claire
Comment était son occupant Je ne sais
Une occupante Plutôt qu’un vieux monsieur
Pas une princesse plutôt une haute hôtesse
J’ai appris demain Qu’elle était chef de rang
Et comme aucun secret ne se garde vraiment
Elle a lié sa vie avec le chef du restaurant
Mais que vivait-elle dans une telle maison
Des instants de soupirs ou de soulagements
Des jours sans repos Travail Travail

-18h21-




-Dans la véranda (suite)-
-mNIm-
-30/10/2019-

J’ai regardé le plan La clef dans la serrure
Ce n’était plus une maison et sa dame
Une place de vivre Avec le ciel ouvert dedans
Tout le ciel transparait Où que l’on soit
Quoi que l’on fasse Les nuages et le soleil
Et comme ce soir La nuit est noire Constellations
Je peux voir la casserole Le nounours Le buvard
Les lettres de mon moulin Le serpent à plume
Et en plein milieu Sur le bureau Le serpent vert
Ce livre ou Au beau milieu de la rivière Lueur
Eclairage magistral Etincelance fière
Des lampadaires extérieurs pour l’intérieur
Et des boutons en peau de plastique lumineux
Tout aurait fait rêver des êtres extraordinaires
Mais pour ma part J’y vois la foutaise
J’y croise le sordide Le démoniaque Le faux
Et Avec une sorte d’écœurement obtus
Je décide de fermer les stores Pour me retrouver
Comment avait-elle pu ne pas comprendre
Pourquoi toute cette luxuriance de gloire
Tous ces principes De tous les gros moyens
Je ne comprends rien

-18h30-




-De mes rêves (et fin)-
-mNIm-
-30/10/2019-

Quand la sonnette Plutôt ordinaire Tinte
Je décide de ne pas ouvrir Mais pourquoi
Je préfère ne pas lui dire que je suis déjà là
Je me déshabille er M’allonge au salon
Une couverture prune me couvre de songes
Et sans y faire attention Je dors Je plonge
Je m’enfuis dans une forêt de buis et de rire
Je n’attends pas que la pluie s’arrête Je rêve
J’entends sa voix me susurrer des poèmes
Commence le bruit de l’eau Dans mon dos
Avancent les pieds jolis dans ma douce folie
Continue de chanter les souvenirs d’un jour
Je l’avais croisée sur le quai Pour Montmartre
Je l’avais observée Elle debout Moi usé là
Sur un banc Elle m’avait donné l’heure
Et je suis arrivé à l’heure Et je l’écoute
A travers la porte de cette gigantesque véranda
Sa voix résonnait de douce Dans son poème
Amour es-tu là
Ecoute le bruit dans ton dos
Ton ciel m’émerveille
Je me suis habillé Elle n’était pas là Je suis reparti

-18h41-