Michel Marnat
le quotidien et l'art
mercredi 30 juin 2010
Dans le profond
De la terre ferme
Remuée de végétaux
Sur la surface
De l'eau calme
S'agite et s'arrête
Danse aux rythmes lents
Aux miroitements
Du dessous de la vase
Là les poissons
Dans mon ventre
Miroitent les poissons
Les distendus pointus
En digestion gloutons
Et canaux de maux
C'est mon visage
Que je te retiens
Que je te croise
S'éparpille en regard
Les tous regardent
Portrait du profond
Du rond aux yeux carrés
Des enchevêtrés intérieurs
Du coeur aux écailles
Poissons de la vallée
Les portes du temps avec Anne (extrait)
(.../...)
Tous les instants
Sont des présents
Une courte seconde
Il n'était pas construit
Dans le doute et le désir
Avant de venir
Le chemin
Le fil du temps
Le petit présent
Perdu déjà
Puis un autre
Majuscule
Successif
Libellule
Minuscule
(.../...)
lundi 31 mai 2010
Jeté dans mes souvenirs
Les mots de l'année dernière
Par paire
Laissé courir l'année
En rêves lumineux
En instants heureux
Sirènes
Musiques
Perdre haleine
Recomposés de lune
Des Couleurs
De fleurs
Les visages charmants
Des gens qui passent
Et se dépassent
Aujourd'hui bruits
Tronçonneuse à bois
Aboie et galope
De branche en copeaux
De tronc en feuilles
Aux bras musclés
Et cet après-midi
Fumeroles de four
Où les brindilles crépitent
Sensiblement vent
Soleil pareil
Au miel
Les chaussures grosses
Écrasent les brins d'arbre
Et chargent les feux
Ce ne sont pas les maréchaux
Mais les bruits longs
Des forgerons
Clapent claquent
Les fers cerises
Dans les braises
Leurs tablier déplié
Sur leur rond ventru
De leurs bras forts
A côté
A pied
Regardent
Des barques de visiteurs
Viennent gonfler le leur
De bonheur
Sous le toit de bâche
A l'abri du soleil indiscret
Pinceau couleur
Sous les regards tard
Sous les gestes précis
Pinceaux et brosses
S'agitent en l'air
L'air libre devant
La toile
L'écriture s'étire
Aux crayons des lampions
Écrivains dans l'herbe
Roof c'est le mot
Le bas-fourneau
Fait du bas-roof
Les feux tournent
Les têtes et les cœurs
D'heures en fleur
Les chants guitares
Les paroles tambours
Et les mots pour
Pour lier les verres
Les boissons abondent
Et les rires
Tantôt la flamme
Tantôt la flamme
Dans les âmes
La ronde inonde
Quand c'était hier
Les feux de la Ronde
vendredi 30 avril 2010
La fleur du printemps
Une tache de lumière
C'est le ciel
Verte pure
Frissonnante
Feuille des airs
Des queues d'hirondelles
Se faufilent des nuages
Dans les branches
Perdues des horizons
Fantômes reflets
Pupilles de tes yeux
Alors ce portrait
En quelques traits très taches
S'étirent aux chants
Les premiers labours
Sur le sol si lourd
Vont disparaître
Graines se fendent
Pour apparaître
En ton visage
Une vague de tes cheveux
Vire-volte et se lance
Entre les bleus noués
Arrache la feuille
De la branche de fusain
Noircie de vie
Allège le cou
Du tronc de la terre
Ta lumière
Bougeons bourgeons
Vent à cumulus
A flaque d'œil
Tournons courbons
A tire à pire
A lyre d'elle
Souffle musique
Sous le doux
S'enflamme
La lame de la pointe
Très boue écrire
Quand à poindre
Tout doit apparaître
Se parfaire des déserts
Des étendues fières
Facilement du bois
Du s'étale du doigt
S'amenuise soir
Encore luminaire
De caractère
Brille de suivre
De poussière luire
En étirement charme
De déposer les larmes
Alors la main s'écarte
Laisse le reste agir
Et dans la brise
Une gouttelette
De tes yeux
S'évapore d'amour
Pitre à la main
En une poignée de traits
De secret
Charmant tracé
Emietté de libre
Juste placé
Ajustement du papier
Pour sourd en tendre
Comprendre en cendre
Le feu du crayon
Dévisage tes envies
Nuit de printemps
Bruit lentement
Tes lèvres sourires
Se déshabillent
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