vendredi 28 mai 2021

 



-Va savoir (début)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Je ne sais rien Presque rien Que la pluie tombera la nuit Pour mon plaisir

Que le soleil se cache Pour attendrir ma peau Pour ramollir mon dos

Que le courage est nécessaire pour s’échapper de la morose compagnie

Bien sûr Je sais depuis longtemps Que tout cela ne me sert à presque rien

A envahir de liseron La terre molle de notre parterre des fleurs du jardin

A boire un coup A la santé du voisin Qui ne nous a pas attendu Si soif

Si seulement le temps de la journée Laissait sonner le printemps d’Angélus

Si tout est vrai Ce que j’ai ouïe dire Et ce qui n’en est vaillamment pas détruit

Rien ne sert à placer un sourire Dans la poche de ta chemise à gros trous

Rien est plus facile Que de passer devant la grille rose Sans détourner la tête

Aussi Je me suis jeté dans le bocal Pour noyer ma large curiosité

Sensiblement Peu de différence sépare les voix de Nelly à son cher animal

La chatte bottée A grands coups de pieds Et le vent nous balaye Dans la vie si vive


-15h26-




-De boire (la suite)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Bien sûr

Je ne sais pas

Depuis longtemps


Que va dire la voisine

Rose

Sans sa couperose


De son mari

Elle trépigne

S’en jette


Sans avoir

Des gestes lents

De bonhomie


Des restes grands

De félonie

Et de boire


-15h35-




-La tendre laisse ( la suite aussi)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Elle l’avait attendu Là tendue La tendre grue De son crotale

Elle s’était assise Sur le petit muret de la gare Entre les bruits des trains

Elle n’avait pas posé son chapeau de dentelles Sur les dentelles de ses genoux

La tunique de teintes molles et les plis du devant rond Se reposeraient

Assise Les graviers vagabonds laissaient passer les eaux de la pluie d’avant

Assise Le dossier écaillé La nuque lancée contre ses cheveux à l’épingle

Le regard Sans regard Je voudrais dire Sans espoir Dans une pupille mate

Le retard Non Il n’est pas en retard Non Un travail de banlieue à terminer

Un silence d’avoir trop parler Les collègues et la secrète secrétaire Et se taire

Non Il ne fallait pas l’attendre Il suffisait de ne pas s’inquiéter Là Assise

Pourtant Dans le jour perdu Elle est restée debout Les pieds aux cent pas

Les mains dans le chapeau écrasé Les rires des voisines Il en restait trop


-15h58-




-L’attente liesse (la suite ensuite)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Trop de virages Pour arriver au mot S’il était plus gentil Seulement tendre

Si le soir lui donnait une bonne raison De revenir essoufflé et lâche

Il relevait les épaules Il tendait la tête vers son éclat de vanité

Il plaçait tout son retard Sur le risque de devoir tant travailler

Elle changeait de vent Elle plantait ses talons Elle ne s’était pas assise

Hier assise Aujourd’hui Cent pas devant Derrière Sans s’y attendre

Il était droit Avec à sa droite Une ombre lumineuse Une pleureuse

Une autre dentelle Une place de fleur à la poche de sa vieille tunique

Elle l’avait attendu Elle n’attendait plus Elle quitterait l’idée Seule

Elle a mis la table Il est arrivé à la maison Aussi directement qu’hier

La gare ne reverrait plus de train Aujourd’hui Que vas-tu nous raconter

La place des mots En silence Dans l’attente La réponse L’inquiétude

J’ai attendu J’ai vu ta tête Tu ne dis rein J’ai attendu Tu n’est plus reparu


-15h22-




-Marâtre-Elimer-Exil-Salamandre-Vociférer (avant la fin)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Je ne serai jamais ta marâtre A élimer tes godasses avant de les cirer

Je ne serai plus ta marâtre En exil Au fond de la cour A attendre le jour

Je ne serai pas ta marâtre Comme une salamandre Oubliée sous les cris de feu

Je ne serai bientôt plus ta marâtre A écouter Vociférer toutes sortes d’explications

Marâtre Comme une veste de laine Au trou de l’oubli Et des mites du temps

Marâtre A être cuisinée De toutes les teintes de l’impossible inquiétude

Marâtre Si silencieuse A tout dire Par les doigts dans la soupe à dentelle

Marâtre Les genoux Si loin de l’autre A percer les secrets Du non retour

Marâtre Un œil lancé Sur la table Ne rien sourire Ne rien suivre

Marâtre Elimer le bord de la confiance Et quitter l’exil de la vie quotidienne

Marâtre je ne serai plus jamais la salamandre Sortie du feu des oublis

Je ne serai plus ta salamandre Ne plus écouter Vociférer Vivre au silence


-16h24-




-Esparcette (Sainfoin des prés) (enfin fin)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Esparcette page

Ecrite et élimée

Que de vivre


Une autre famille

Esparcette vérité

D’où tout ressort


Une teinte du jour

Esparcette dentelle

Tout oublier


Esparcette tachée

A vouloir offusquer

A abandonner


Esparcette vilaine

De la mignonne

De l’attente


-16h32-


 




-Semblable paysage (début)-

-mNIm-

-20/05/2021-


Avait percé le ciel Comme une peau de tambour Tout autour de mes lunettes

Avait saccagé Mes illusions Comme une revue Sur les bruits infernaux Cobaye

Avait emprunté les stratagèmes de la route inconnue Pour nous apparaître

Aussi Je ne me sentais plus seule Les monstres de la nuit continuaient à gronder

Je me sentais au milieu d’un monde vivant Dans le silence faux et sombre

Je comprenais à peine la présence de la grande horlogerie des astres

Tout autour Le noir percé de gouttes de soleil Etait arrivé avant minuit

Tout comme les fleurs étincelantes Dans le tapis vert de la vieille terre

Dessus Dessous Des éternelles lumières Et des mousses de place ronde

J’ai marché sur place Assez longtemps J’ai tourné Autour de mes pieds

J’ai enjambé la passerelle des rêves Pour me retrouver Les yeux si grands

Si surprise par le passage de la voie lactée Toujours là En début d’été

La fraîcheur Une robe si belle à m’emporter Un châle plein les épaules

Je n’ai pas retiré mes souliers Pourtant les pieds dans le ruisseau Si vrai

J’ai fermé les yeux Et mes cuisses m’ont déposé Sur les bords

La caresse d’une si jolie nuit

-17h19-




-Tendre et ment (la fin)-

-mNIm-

-20/05/2021-


Avec ce qui me reste de parole J’ai essayé de vous conter ce tendre moment

La place liquide et chaude traverse mes sentiments Je ne peux les traduire

Je ne peux plus descendre par le chemin de ta main Le long de mes étoffes

Je ne veux plus parler Je sèche mes larmes Entre deux étoiles filantes

Je dépose sur le sol Les restes de mon corps Encore illuminés de tes poèmes

De tes phrases portées par tout ce qui commence par la lettre Amour

Des senteurs de chèvre en feuille Des couleurs de bleu fruit Des tulipes

Des Dis-moi encore le silence de ce que tu chantes Tous les blancs matins

Mes lèvres blanchies par le début de ton doigt moqueur A me distinguer

A qui veux-tu que je pense Tu es toujours mon plus beau paysage d’ici

Dans les creux Dans les vallées Dans mes bosses alanguies Et les écrevisses

Tu enchantes de ton souffle Peut-être vas-tu réchauffer mon envie de te serrer

J’aurai bien essayé de vous dire combien A quand restera-t-il de tes chants

De tes hirondelles Sous mes ailes Aux odeurs de candeurs Et de libres et de vents

Rien Avec rien une petite fraîcheur aussi Et une page écrite en blanc dans la nuit


-17h38-


 




-Panser (début)-

-mNIm-

-24/05/2021-


Souvent Elle refaisait les pansements du père Avec hargne et délicatesse

Elle tirait la compresse Du bout des doigts Les lunettes sur le nez

Et posait les pommades Si doucement Que le frais se sentait à peine

Elle était si concentrée Qu’elle en oubliait son corps A se détendre

Elle remplit cette office Avec une simplicité gracieuse Et se grattait la fesse

Parfois Avant de s’en laver les mains Et de partir dans le jardin

Là Elle cueillait plantes odorantes Et feuilles médicinales Au panier

Tantôt Dans la contre-allée Derrière le tilleul Encore vert en cette saison

De temps en temps Dans le sentier de terre Où venait pousser des fleurs

Une fois retournée dans la maison Elle coupait Taillait Frottait les herbes

Dans un jus Avec trois glaçons S’il vous plait Elle laissait tremper

Si la visite se prolongeait Elle entrouvrait la porte Pour écouter

Le père dormait profondément Je sortit trois sous de la cagnotte

Je la regardais partir Les fesses couvertes d’une robe à pois Jaunes et Verts


-15h27-




-Pensées (suite)-

-mNIm-

-24/05/2021-


Tous les matins Elle repassait dans la maison Pour les tâches du jour

Le pansement changeait de couleur Et la bande se serrait sur la plaie

Les décoctions ne sentaient pas une bonne odeur Dans la pièce principale

Elle avait posé les pots A l’autre bout de la table Nous n’y touchions pas

Nous regardions ses ongles gratter les peaux des abricots D’ailleurs

Nous ne savions pas Où elle les avait trouvés Peut-être une autre maison

Quand le temps était là Elle préparait des kilo de confitures d’herbes

Nous les mangions Les vendredi Après un repas d’une grosse tranche

Sa robe légère tombait sous le vent Et aimions scruter ses poches

Nous y trouvions des formes saillantes et des petits trous de ciseaux

Elle portait des ses bras En revenant du jardin Des couleurs de rouges

Le Père aimait le parfum de la vieille mère Qu’elle remplaçait mal

Elle sentait les racines terreuses Et le silence de la campagne en Automne

-15h37-




-Penchée (encore suite)-

-mNIm-

-20/05/2021-


Elle s’en allait Les fesses pendantes Sous notre œil fatigué d’observer

Elle avait sa robe à pois Rouges et bleus Ce lundi-ci Bien sûr que si

Hier elle était vêtue d’une peau translucide Comme une fleur de coquelicot

Chaque jour Elle changeait d’étoffe Mais gardait la même coupe de robe

Supposons que vous gagniez dix mille deux sous Qu’en feriez vous au juste

Quel serait votre rêve le plus vrai Celui-ci animera-t-il vos pensées

Un jour J’ai reçu un chèque plus gros que les autres Qu’allais-je faire

Je me suis mis à deviser sur les cadeaux Tout autour de moi Et les miens

Je devrais me limiter La somme n’était pas si gigantesque En fin de compte

Et je me trouvais à offrir beaucoup plus que d’habitude Avec frénésie

Avec la sueur au front Je ne m’endormais plus Avec mon imaginaire financier

Elle De son coté n’avait pas hésité longtemps Elle avait acheté des étoffes

Des toiles légères Des coupons dorés ou argentés Des pièces des soies

Et elle couvrait ses arrières Pour agrémenter le regard de ceux qu’elle savait la scruter


-16h02-




-Gratter (et fin)-

-mNIm-

-17/05/2021-


Une picoterie

C’est quand ça gratte

Ici ou ailleurs


Dans ton jeans

Entre deux pansements

Sous ses jupes


Celle du père

Pour cause les herbes

Et les confitures


Avec du poivre

Dans les cheveux sales

Avec du sel


Avec le temps

J’espère que le Père ira bien

Pour qu’elle revienne


-16h17-

vendredi 30 avril 2021


-Se relever à tout-

-mNIm-

-24/04/2021-


Le printemps arrose De la virgule des arbres Les pierres rocailleuses du chemin

Qu’importe les frémissements de la joliesse voudraient se rendre beauté

Quelques feuilles timides osent bourgeonner et friser les branches seules

J-- ne se doute pas de l’émerveillement Il attend les jours des yeux étincelants

De ses pupilles La rose du soleil le gêne et l’entraine vers la pénombre

J-- savoure les touches de couleurs vertes et des buissons de l’abri du vent

De ses mains presque ouvertes J-- continue à s’envahir de ce monde-là

Des pièges de la nature Des folies qui chatouillent Des ventres alambiqués

Surprises De reconnaître Jour après nuit Matin de demain Une toute beauté

Et les syllabes mélangées d’amour De la conquête des cœurs D’autant

Venir à la mollesse Jusqu’à la solide position De se tendre le corps

De porter Instant après moment Les habitudes de vivre dans le dehors

Et de renifler avec le bonheur et l’espoir Les parfums de Sœurette Avec

Autant de Papa et Maman


-19h17-




 

-Avant midi-

-mNIm-

-25/04/2021-


Le cerisier a mis sa robe blanche Fleurs et verdure s’enlacent Au ciel

Allongé dans des bras Peut-être Papa Parfois Maman Entrelacé avec des rires

Des exclamations d’oiseaux J-- S’enfuit dans les parfums du laid chaud

Les pervenches tendent vers les moineaux Leur violacé de l’air En éclatement

Etendues sur les sols Englobent les mondes A côté du papier repeint de blanc

Avant le plein soleil La fraîcheur pose ses doigts Contre mes bras mollassons

Avant le repas de A table Sœurette me dessine Un Papa Maman Tout contre Moi

Ainsi J-- Le nez au bleu-ciel Les yeux aux blancs des plafonds Et des sourires

La tondeuse fait peur aux mésanges Le claquement du moteur De son odeur

J-- se repose Heureux de voir D’entendre De planter ses rêves dans la verdure

Le papier peint Avec des zones de presque doux Voyages Dans mes paupières

Prendre le chant du silence des arbres Conter le dimanche Si long Si calme

Solide Devanture de s’étendre sur le sol Avec une libellule De danser de ses ailes


-11h59-




-Au matin frais-

-mNIm-

-26/04/2021-


Le matin Déjà levé trois fois Respirer Prendre un repas froid Digestion

Maman entraine son J-- dans la cuisine des casseroles et des bols

Sœurette dort encore Sous la pluie Espère courir après le ballon rouge

J-- rafistole ses rêves Maintenant Avoir le temps S’est développée la nuit

Sentiments du bien-être Des aisances À être nettoyé de très près

A raffoler Les bruits d’estomac Et les bouffées d’air salvatrices

S’épuiser Se partager entre le dehors et le dedans Et sur l’épaule

Maman me pose le vêtement Entre mes jambes encore trop fragiles

Maman s’installe Tranquille J-- détend le temps Tout est tendre

J-- savoure la pluie du matin et les ailes d’oiseau Des ondes déjà

Des fruits de la nature Dans la fraîcheur du jour Si calme Si lent

Un peu gelé Un peu A peine Eveillé Le silence me transporte

Le centre du monde commence Existe dans ma promenade du quotidien

Le milieu du voyage Avant J-- n’a pas su le comment de là-bas Venir

Le sommeil des oiseaux Le courage de porter Le jour à définir A l’avenir


-10h58-




-Par suçotter-

-mNIm-

-27/04/2021-


Par suçoter Par chuchoter Par passer de l’oreille à la bouche Rires

J-- a pris l’extrémité de sa vie tranquille A attraper sa belle Maman

A entamer la boisson du plein soleil Et le ventre plein Il continue

J-- n’a pas chuchoté d’autres borborygmes Que le plaisir de se dire

A entendre Sœurette danser la farandole de la vie Avec tendre Papa

A époumoner le désagréable moment Où va-t-on arrivé A la couche

A la sortie ravageuse A l’irritation de cette partie du corps Encore méconnue

Grand-Papa a bien trouvé que l’odeur nauséabonde se répondait

Que va dire Grand-Papa Donnez-moi une couche et une crème douce

Et dans une attention pleine d’amour Prendre le jus et sortir du froid

Porter mes petites jambes Une partie de Moi Et aérer de la séance

Bientôt J-- Heureux Etalera des sons Des gazouillis Des gratouillis

Et accroché au sein de mienne Maman J-- prend le temps de suçoter

D’emplir à bout de bras Avec une belle aspiration La splendide sensation


-11h09-



-A l’un intérieur-

-mNIm-

-27/28/04/2021-


Le miroir Dans deux jours Je serai vivant J’aurai une nuit disparue

Peut-être de t’avoir rencontré Au creux d’une petite photo De dormir loin

Peut-être d’avoir engrangé une ronde de l’esprit D’engendrer de l’espoir

Peut être aussi vivant Aussi je réalise que je ne connais rien du sombre

Peut de l’être Avoir méconnu Toutes les distances Jusqu’à la teinte de l’amour

Peut de n’être que le reflet De mes désirs De vouloir De l’absurde L’ignorance

Peut-être J-- ne me reconnaîtra pas Car les mots sont De l’image l’absolu

Peut-être J-- saura un jour Que mon imaginaire se nourrit d’un regard

Sur la ronde des êtres A peine rencontrés A la peine d’avoir espérer le cœur

Sur le soir Où la vue du soleil restera en mémoire Perdue A vous Voir

Sur le grand Dans le grand Pour le grand De mon petit nuage page

J-- repose ses yeux Pour mieux comprendre Des années durant De naître

De n’être Dans cet instant Le sens Unique et vrai Du temps Avenir

Poser tes mains Les yeux fermés Sur le début de la vie Le reflet du grand miroir


-01h13-



 

-Pour suivre-

-mNIm-

-28/04/2021-


Aies un sens Souviens-toi Du dedans Ne pas voir Sortir au monde

Planter ses racines Dans un noyau Pour être une grande plante

Famille d’amour Et du toujours se porter La main de la main De demain

Aujourd’hui est un demain Du petit passé Des baisers Et des denses

Chante le soir Pour remercier d’aimer la vie Pour entamer l’éclat

La joie m’enchante de se tendre Des fendre A tour de bras Les impossibles

Envie de poussière Dans l’extase du tout autour Allonger le brasier

Le feu de ta chaleur Le jeu de ta valeur Le vœu de ta candeur Toi J--

Toi A tous les possibles entretenus Par la curiosité du chante-Sœurette

J-- Tu as hérité de la douceur du vrai d’honneur Un monde de bonheur

J-- Tu as enterré le brusque mouvement Du sortir Du centre de la nuit

Tu as pris la lumière Tu as entendu Les nourrir le cœur Et l’espoir

J-- Ecoute le monde du vent Les bourrasques venues de ce trop loin

J-- laisse son grognement Partir dans la nuit Pour survivre au libre

Papa Oh Maman Vous avez donné Pour il se peut Que nous verrons demain


-18h33-



-Le temps métallique-

-mNIm-

-29/04/2021-


J-- ne regarde pas trop loin Lance ses sens Dans tous les sens insensés

Deux chevaux dans la campagne La tête au vent Le rire dans le bruit métal

La carrosserie rigole S’affole S’appuie dans les virages Secoue les bosses

Le moteur pleure S’agite S’envole dans les tours Du village Des champs

Le voisin secoue la main Etale son éclat de voix Se retourne vers Tout autant

La plus belle des inventions Voici la modernité Vers l’espoir du devant

La poussette pour la poupée Avec des ailes pour enlacer et délacer le temps

S’allonger dans l’herbe Pour laisser le moteur refroidir et cliqueter

Se poser à l’ombre des portes Et sous la couverture Plonger des soupirs

Planter des plages dans la terre Semer A la nage L’amour Dans la rivière

Aussi J-- a oublié Que des mondes d’avant Que les passages au présent Viennent

De cette ferraille Le cœur contient Tous les souvenirs des autres voisins

De la route Nous la prenons en route Et nous retournerons pour avancer

J-- ne regarde pas loin L’instant de s’esclaffer Sursaute Et J-- garde son sourire


-18h15-



 

mercredi 31 mars 2021


 

-Qui m’est adressée (début)-

-mNIm-

-27/03/2021-


Elle observa la carte postale Pas de signature Pas de mots vraiment

Tout se passe bien La côte est toujours aussi merveilleuse Cependant tu n’es pas là

Elle ne connaissait pas le paysage Le nom du village Inconnu Un autre pays

L’écriture était griffonnée à la va-vite Comme une ordonnance de pharmacien

Le timbre très ordinaire Indiquait une date Déjà vieille d’un bon mois

Cependant Une scène d’un autre nature se passait sous l’adresse manuscrite

Car la carte était écrite et timbrée Côté image Une photo de nuit sans lune

Deux personnages s’enlaçaient Mélangeaient leurs bras et leur petit cœur

Deux enfants sur une île déserte Un baiser imprimé Dans la teinte sépia

La carte venait d’arriver dans la boîte Mais elle avait dû être acheté Il y a longtemps

Elle la montra à sa cousine Qui d’un éclat de rire Tu as un amant Ma belle

Elle la plia dans sa poche Et n’y pensa plus Pour ne plus être gênée de questions

La fillette de douze ans Pensait plus à écrire les mathématiques Qu’à son cœur

Et sans continuer à s’interroger Elle posa son stylo sur la page blanche

Dans sa logique Le baiser Si l’avenir des grands Ne l’indiquait guère Alors

-11h20-



-Les dessous de la carte (suite)-

-mNIm-

-27/03/2021-


Dans la salle à diner Que dire de cette table Dressée avec le luxe et le calme

Ses parents invitaient Tous les samedis des voisins ou des amis lointains

Ils posaient sur l’assiette Une photo Chacun la sienne Avec belles couleurs

Ils emplissaient le verre à eau Un froissement de papier Rose ou bleu

Aujourd’hui Un bleu nuit contrastait avec le jaune des assiettes à dessert

Le gâteau n’était pas encore sur la longue table Attendre pour cinq personnes

Cependant Dans la pièce voisine Une autre scène se déroulait Sans bruit

Ce ne sont plus les enfants Ce n’est plus dans un pays éloigné C’est ici

Dans le sombre du couloir Entouré de médaillons jaune et rouge oranger

Les chaines du luminaire Dans l’ombre immobile tracée par l’ampoule

Ils sont enlacés Papa et Maman Avec des mains partout Et des yeux fermés

Ils se regardent par le cœur C’est sûr Je n’ai rien vu Je suis dans ma chambre

J’ai traversé la salle de bain J’ai séché mes petits cheveux Si noirs Si courts

J’ai enfilé une chemise de coton blanc Et un vêtement en dessous Sur ma peau

Je ressemblais beaucoup à la fille de la carte postale Et cela m’a un peu intriguée

-11h34-



-Ta carte postale (et fin)-

-mNIm-

-27/03/2021-


Dans ma volière cérébrale Je ne jouerais jamais avec mes souvenirs de douze ans

Je préférais oublier que la vie ressemble à une boucle Que le temps rassemble

Que la nuit Je ressentais encore ta présence Tu es ma carte postale Tu es mon rire

Tu es l’ami que je chercher encore En creusant mes doigts dans mon cœur

Tu es l’horizon Qui jamais atteint Rappelle à chaque nouveau jour Le désir

La carte postale pliée dans ma poche Etait restée dans le tiroir de l’armoire

Parmi les démonstrations de Pythagore et d’Aristote Mon monde ne tournait pas rond

A plat dans mon lit Les fesses plantées contre les coussins J’ai fermé les yeux

Et je me suis demandé Si le matin des autres rassemble les nœuds du cœur Dans la corde du vent

Les volets ne seront pas ouverts Aujourd’hui Je reste dans mon dimanche perdu

Je laisse passer Le lundi Le mardi Le jeudi Pour attendre à la gare Samedi

Ça me donne envie de te connaître Toi De la photo du jour Du journal En privé

Privée de mes sentiments A toujours vouloir répondre à la question de si et d’alors

Dans la raison je ne m’intéressais à personne Et je suis restée plongée dans ma solitude

A la gare tu tenais la carte postale Retour à l’expéditeur Le seul moyen pour te retrouver

-12h10-




 

 

-Le tambour de se battre (début)-

-mNIm-

-28/03/2021-


Battre Ne pas battre Ne pas se battre Je craque Je voyage de battre

Culbute l’ascenseur de mes promenades intérieures Comme une savate

Débattre De l’or de l’odeur Des fièvres rissolées dans un geste de sourire

Tumulte de plage Dix dimensions des pas Du bruit de la canne

Combattre avec les jambes Des fois raides parmi les pierres Et molles

Ne pas annoncer Battre de la canne Respirer sans la folle fantaisie

Battre Débattre Battre Combattre Commencer Annoncer Avancer

Mon cœur Aussi ridicule que le sentiment A la rencontre de la ronde

Monde de se tenir les mains Et de balancer Pieds et poings Se déplier

Battre Je te danse de mon éclat de rire Débattre Je me plonge à écouter le cœur

Battre Je virevolte dans les senteurs d’espoir Combattre A ne faire que de la paix

Ressens-tu Ce que tu respires de tous De la planète De l’humain du matin

Autour du muscle de me renvoyer Dans les sangs du partage d’amour

De l’autre couleur du mur Da ma paroi thoracique De la belle palissade

Autant plonger les pieds dans les bruits de la canne Et du tintement de nos cœurs

-18h21-




-O Lézard Morituri te salutant (fin)-

-mNIm-

-28/03/2021-


Ils sont murs De pierres et de briques Et le soleil leur assèche les joints

Il y a si longtemps Ils étaient murets Ou simple fondation de terre

Ils étaient séparés Le clan des cinq ans et la troupe des sept ans En plus

Ils étaient secs Comme la pluie dans le désert A la sortie de notre village

Avec la pioche Avaient tapé la pierre Cassé la brique Construit le loin

Le lointain souvenir Qui avait désuni les familles de Pierre de Paul et de Jack

Les trop différents mondes Qui faisaient Qu’ils se ressemblaient trop Pour en rire

Ils sont murs De haine et de bois D’écritures salissures et de constellations

En regardant le ciel Ils voyaient le même éclat de terre De fière et de joie

Mais Aucun n’avait eu envie de le crier Partout Les toits Pour nous le soleil brille

Et dans la cour fermée Séparée par des années de ridicule Ils n’y pensaient pas

Ils oubliaient que le mur Un jour N’existera plus dans un jour bien chaud

Où le partage de l’éclat de mime Des débats de cœur Et de se débattre ensemble

Ils avaient été murs Et maintenant Tas de cailloux Ils se donnaient du cœur en tambour

A lézarder de bonheur Et à arrêter de s’en lézarder

-18h41-





mardi 30 mars 2021

 -Je lis (début)-

-mNIm-

-29/03/2021-


A force de repasser devant la bibliothèque Ras bord Des grands illustrés

De contempler les étagères Elles ploient sous les pages de trop vieilles histoires

Elle a pris un petit recueil A deux doigts de tomber La belle couverture

Sonia a dans ses mains De Marie-Ange et lit Je prends le livre Et je le dévore

Quand je suis assise dans mon fauteuil Ou bien la nuit dans mon lit

Quand le sommeil tarde à m’envahir De ses rêves redoutant Dans ma grimace

Je me contenterais des rêveries de tous ces auteurs inspirés A la lettre Me raconte

Elle Plongée dans l’histoire de l’ouvrage de Paul et d’Emile et de Victor Elle lit

Depuis le début de son hospitalisation Sa seule rencontre avec le monde

Le grand coin de la cafétéria avec tous ces volumes Au bord de sa chambre

Prête à s’entrelacer de la fantaisie des mots et des vies De chacune des héroïnes

Alors Que va devenir son installation dans le couloir Des trop fatigués de vivre

Avec une place Grande comme un cœur Pour un jour S’en retourner à la lumière

Ses yeux passaient d’une image de la nuit A l'aventure de la jeune fille Sonia

Et Sonia avait le plaisir de ne pas ouvrir les romans Ceux avec une couverture noire

Comment est-elle parvenue A se reposer A accepter de subir cette opération

-11h23-




-Tu lis (suite)-

-mNIm-

-29/03/2021-


Ses yeux allaient bientôt revoir L’animation de la rue Et ses futures amies

Ses vraies amies de son monde refermé Sur les voix et les trop des odeurs

Elle ne se cognera plus aux chaises déplacées Et au bas du long buffet

Elle avait vu la bibliothèque Comme le début de son histoire De sa nouvelle vie

Les pansements retirés depuis déjà cinq jours entiers Une fine lueur

Le rose de sa chambre Seule à écouter la musique de la nuit A ne pas renoncer

A dévisager dans la douceur de la lune A la place du fauteuil A ses pieds

Maintenant Elle n’aurait plus les mains devant Elle verrait sa route Heureuse

L’incident n’avait pas pris de plus beaux jours Il avait fallu attendre dix ans

De ses vingt ans à peine dépassés De ses instants à tout accepter de la vie

Là Depuis quelques jours Le matin se lève La lumière électrique peut éclairer

La place des objets se mettrait à danser A changer Le bazar et le hasard

Le temps de tout De surveiller avec ses doigts Ouvrir la page du livre d’or

Dehors Tout est normal Mais les couleurs du temps et de l’esprit s’étaient ouvertes

Dans le poème des anges Elle lit la suave vérité de la belle qui voit le miroir

-11h35-




-Elle lit (et fin)-

-mNIm-

-29/03/2021-


Quand je suis assise dans mon fauteuil Ou bien la nuit dans mon lit Je ris

Je décape la douceur de m’observer De toucher mes mains avec mes yeux

Je gambade sur les murs La fraîcheur de la lune Les odeurs du pharmacien

La porte s’ouvre parfois Un blouse blanche Avec des souliers de tissu fin

Des paroles avec des bouches Qui se remuent dans des sourires Tout va bien

Tiens Quelqu’un frappe à ma porte Bonjour Ton bonheur respire le vrai

Le vrai lit de métal blanc Aux draps avec de vraies écritures de cet hôpital Là

Là Je prends le temps de sortir dans la rue des chambres Et de descendre

Je remontrai avec un autre livre avec ce roman où Dans les pages grises

Le papier de la couverture est plus dur que Comment dire De la calligraphie

Ce matin Sonia a repris un nouveau récit Celui du jour qui se lève et de rire

Dormir Elle ne veut plus dormir Elle souhaite découvrir la ronde de la ville

Bientôt Elle retournerai dans sa compagne Et écouterai encore avec ses yeux

Et dans sa chambre d’enfance Quand Assise dans son fauteuil Elle éclatera de vivre

-11h47-





-A la guerre comme là naguère (début)-

-mNIm-

-30/03/2021-


Tout est fossé Le reste du ruisseau Le sentier creux D’entre les buissons

Tout est plutôt triste Il faisait la tête Tout en avançant avec l’équipée

Ils portaient A eux tous L’ensemble des pièces pour protéger les lieux

Il cherchait Sans plaisir A leur échapper A fuir dans ses rêveries

Il marchait dans la moue Dans la noue Dans la boue Il continuait

Il n’était ni en tête ni le dernier Mais il était le seul A ne pas vouloir parler

Dans les conversations trônaient les incantations de Shakespeare enfant

Ressortaient aussi Des pensées païennes Et des recettes rusées de Rabelais

Lui n’avait plus faim Il regardait ses pieds Dans ses bottes Dans les mottes

Ils essayaient de ne pas se faire remarquer La tête presque baissée

Ils s’exprimaient Entre deux bruits de feuilles ou de cailloux Entretemps

Ils savaient que c’était lui leur guide Qu’il connaissait la région Par cœur

Sinon il y aurait longtemps qu’ils lui auraient proposé de s’arrêter là

La boue de la noue Les buissons frémissant Cachaient leur peur Avant d’être arrivés

-16h26-

 





-Le haut soleil (fin)-

-mNIm-

-30/03/2021-


Je les vois repasser Dans la direction du village Les reconnaissant à peine

Leur visage couvert de boue Couverture essentielle Dans les temps naguère

Paul En tête Ne voulait plus siffler Pour laisser aux oiseaux Leur chant

Je repris la route de la ferme En m’éloignant de cette troupe Si résistante

Mon ombre marche au soleil Mes pas tapent les pierres En rythme

Le cliquetis des cigales Me rappellent que les foins seront bientôt coupés

Je croise des allées bienvenues des marronniers de la ferme du château

Il y a déjà longtemps Que les cailloux du château Nous servent de ruisseau

Par le sentier de la prairie Presque personne n’était aux champs La forte chaleur

Sans penser à me cacher Je regarde encore passer Les avions de la guerre

Sans écouter le bruit des mitrailleuses du siècle d’avant Inutiles et vieilles

Les villageois ne pouvaient se protéger leurs maisons Qu’en faisant du bruit ailleurs

Et c’est dans la noue de la ferme tombée Qu’ils s’étaient installés Horrifiés

Quand le soleil commencera à me caché mon ombre Dans les blés étalés

Je déciderai à rentrer

-16h58-