mercredi 31 mars 2021
-Qui m’est adressée (début)-
-mNIm-
-27/03/2021-
Elle observa la carte postale Pas de signature Pas de mots vraiment
Tout se passe bien La côte est toujours aussi merveilleuse Cependant tu n’es pas là
Elle ne connaissait pas le paysage Le nom du village Inconnu Un autre pays
L’écriture était griffonnée à la va-vite Comme une ordonnance de pharmacien
Le timbre très ordinaire Indiquait une date Déjà vieille d’un bon mois
Cependant Une scène d’un autre nature se passait sous l’adresse manuscrite
Car la carte était écrite et timbrée Côté image Une photo de nuit sans lune
Deux personnages s’enlaçaient Mélangeaient leurs bras et leur petit cœur
Deux enfants sur une île déserte Un baiser imprimé Dans la teinte sépia
La carte venait d’arriver dans la boîte Mais elle avait dû être acheté Il y a longtemps
Elle la montra à sa cousine Qui d’un éclat de rire Tu as un amant Ma belle
Elle la plia dans sa poche Et n’y pensa plus Pour ne plus être gênée de questions
La fillette de douze ans Pensait plus à écrire les mathématiques Qu’à son cœur
Et sans continuer à s’interroger Elle posa son stylo sur la page blanche
Dans sa logique Le baiser Si l’avenir des grands Ne l’indiquait guère Alors
-11h20-
-Les dessous de la carte (suite)-
-mNIm-
-27/03/2021-
Dans la salle à diner Que dire de cette table Dressée avec le luxe et le calme
Ses parents invitaient Tous les samedis des voisins ou des amis lointains
Ils posaient sur l’assiette Une photo Chacun la sienne Avec belles couleurs
Ils emplissaient le verre à eau Un froissement de papier Rose ou bleu
Aujourd’hui Un bleu nuit contrastait avec le jaune des assiettes à dessert
Le gâteau n’était pas encore sur la longue table Attendre pour cinq personnes
Cependant Dans la pièce voisine Une autre scène se déroulait Sans bruit
Ce ne sont plus les enfants Ce n’est plus dans un pays éloigné C’est ici
Dans le sombre du couloir Entouré de médaillons jaune et rouge oranger
Les chaines du luminaire Dans l’ombre immobile tracée par l’ampoule
Ils sont enlacés Papa et Maman Avec des mains partout Et des yeux fermés
Ils se regardent par le cœur C’est sûr Je n’ai rien vu Je suis dans ma chambre
J’ai traversé la salle de bain J’ai séché mes petits cheveux Si noirs Si courts
J’ai enfilé une chemise de coton blanc Et un vêtement en dessous Sur ma peau
Je ressemblais beaucoup à la fille de la carte postale Et cela m’a un peu intriguée
-11h34-
-Ta carte postale (et fin)-
-mNIm-
-27/03/2021-
Dans ma volière cérébrale Je ne jouerais jamais avec mes souvenirs de douze ans
Je préférais oublier que la vie ressemble à une boucle Que le temps rassemble
Que la nuit Je ressentais encore ta présence Tu es ma carte postale Tu es mon rire
Tu es l’ami que je chercher encore En creusant mes doigts dans mon cœur
Tu es l’horizon Qui jamais atteint Rappelle à chaque nouveau jour Le désir
La carte postale pliée dans ma poche Etait restée dans le tiroir de l’armoire
Parmi les démonstrations de Pythagore et d’Aristote Mon monde ne tournait pas rond
A plat dans mon lit Les fesses plantées contre les coussins J’ai fermé les yeux
Et je me suis demandé Si le matin des autres rassemble les nœuds du cœur Dans la corde du vent
Les volets ne seront pas ouverts Aujourd’hui Je reste dans mon dimanche perdu
Je laisse passer Le lundi Le mardi Le jeudi Pour attendre à la gare Samedi
Ça me donne envie de te connaître Toi De la photo du jour Du journal En privé
Privée de mes sentiments A toujours vouloir répondre à la question de si et d’alors
Dans la raison je ne m’intéressais à personne Et je suis restée plongée dans ma solitude
A la gare tu tenais la carte postale Retour à l’expéditeur Le seul moyen pour te retrouver
-12h10-
-Le tambour de se battre (début)-
-mNIm-
-28/03/2021-
Battre Ne pas battre Ne pas se battre Je craque Je voyage de battre
Culbute l’ascenseur de mes promenades intérieures Comme une savate
Débattre De l’or de l’odeur Des fièvres rissolées dans un geste de sourire
Tumulte de plage Dix dimensions des pas Du bruit de la canne
Combattre avec les jambes Des fois raides parmi les pierres Et molles
Ne pas annoncer Battre de la canne Respirer sans la folle fantaisie
Battre Débattre Battre Combattre Commencer Annoncer Avancer
Mon cœur Aussi ridicule que le sentiment A la rencontre de la ronde
Monde de se tenir les mains Et de balancer Pieds et poings Se déplier
Battre Je te danse de mon éclat de rire Débattre Je me plonge à écouter le cœur
Battre Je virevolte dans les senteurs d’espoir Combattre A ne faire que de la paix
Ressens-tu Ce que tu respires de tous De la planète De l’humain du matin
Autour du muscle de me renvoyer Dans les sangs du partage d’amour
De l’autre couleur du mur Da ma paroi thoracique De la belle palissade
Autant plonger les pieds dans les bruits de la canne Et du tintement de nos cœurs
-18h21-
-O Lézard Morituri te salutant (fin)-
-mNIm-
-28/03/2021-
Ils sont murs De pierres et de briques Et le soleil leur assèche les joints
Il y a si longtemps Ils étaient murets Ou simple fondation de terre
Ils étaient séparés Le clan des cinq ans et la troupe des sept ans En plus
Ils étaient secs Comme la pluie dans le désert A la sortie de notre village
Avec la pioche Avaient tapé la pierre Cassé la brique Construit le loin
Le lointain souvenir Qui avait désuni les familles de Pierre de Paul et de Jack
Les trop différents mondes Qui faisaient Qu’ils se ressemblaient trop Pour en rire
Ils sont murs De haine et de bois D’écritures salissures et de constellations
En regardant le ciel Ils voyaient le même éclat de terre De fière et de joie
Mais Aucun n’avait eu envie de le crier Partout Les toits Pour nous le soleil brille
Et dans la cour fermée Séparée par des années de ridicule Ils n’y pensaient pas
Ils oubliaient que le mur Un jour N’existera plus dans un jour bien chaud
Où le partage de l’éclat de mime Des débats de cœur Et de se débattre ensemble
Ils avaient été murs Et maintenant Tas de cailloux Ils se donnaient du cœur en tambour
A lézarder de bonheur Et à arrêter de s’en lézarder
-18h41-
mardi 30 mars 2021
-Je lis (début)-
-mNIm-
-29/03/2021-
A force de repasser devant la bibliothèque Ras bord Des grands illustrés
De contempler les étagères Elles ploient sous les pages de trop vieilles histoires
Elle a pris un petit recueil A deux doigts de tomber La belle couverture
Sonia a dans ses mains De Marie-Ange et lit Je prends le livre Et je le dévore
Quand je suis assise dans mon fauteuil Ou bien la nuit dans mon lit
Quand le sommeil tarde à m’envahir De ses rêves redoutant Dans ma grimace
Je me contenterais des rêveries de tous ces auteurs inspirés A la lettre Me raconte
Elle Plongée dans l’histoire de l’ouvrage de Paul et d’Emile et de Victor Elle lit
Depuis le début de son hospitalisation Sa seule rencontre avec le monde
Le grand coin de la cafétéria avec tous ces volumes Au bord de sa chambre
Prête à s’entrelacer de la fantaisie des mots et des vies De chacune des héroïnes
Alors Que va devenir son installation dans le couloir Des trop fatigués de vivre
Avec une place Grande comme un cœur Pour un jour S’en retourner à la lumière
Ses yeux passaient d’une image de la nuit A l'aventure de la jeune fille Sonia
Et Sonia avait le plaisir de ne pas ouvrir les romans Ceux avec une couverture noire
Comment est-elle parvenue A se reposer A accepter de subir cette opération
-11h23-
-Tu lis (suite)-
-mNIm-
-29/03/2021-
Ses yeux allaient bientôt revoir L’animation de la rue Et ses futures amies
Ses vraies amies de son monde refermé Sur les voix et les trop des odeurs
Elle ne se cognera plus aux chaises déplacées Et au bas du long buffet
Elle avait vu la bibliothèque Comme le début de son histoire De sa nouvelle vie
Les pansements retirés depuis déjà cinq jours entiers Une fine lueur
Le rose de sa chambre Seule à écouter la musique de la nuit A ne pas renoncer
A dévisager dans la douceur de la lune A la place du fauteuil A ses pieds
Maintenant Elle n’aurait plus les mains devant Elle verrait sa route Heureuse
L’incident n’avait pas pris de plus beaux jours Il avait fallu attendre dix ans
De ses vingt ans à peine dépassés De ses instants à tout accepter de la vie
Là Depuis quelques jours Le matin se lève La lumière électrique peut éclairer
La place des objets se mettrait à danser A changer Le bazar et le hasard
Le temps de tout De surveiller avec ses doigts Ouvrir la page du livre d’or
Dehors Tout est normal Mais les couleurs du temps et de l’esprit s’étaient ouvertes
Dans le poème des anges Elle lit la suave vérité de la belle qui voit le miroir
-11h35-
-Elle lit (et fin)-
-mNIm-
-29/03/2021-
Quand je suis assise dans mon fauteuil Ou bien la nuit dans mon lit Je ris
Je décape la douceur de m’observer De toucher mes mains avec mes yeux
Je gambade sur les murs La fraîcheur de la lune Les odeurs du pharmacien
La porte s’ouvre parfois Un blouse blanche Avec des souliers de tissu fin
Des paroles avec des bouches Qui se remuent dans des sourires Tout va bien
Tiens Quelqu’un frappe à ma porte Bonjour Ton bonheur respire le vrai
Le vrai lit de métal blanc Aux draps avec de vraies écritures de cet hôpital Là
Là Je prends le temps de sortir dans la rue des chambres Et de descendre
Je remontrai avec un autre livre avec ce roman où Dans les pages grises
Le papier de la couverture est plus dur que Comment dire De la calligraphie
Ce matin Sonia a repris un nouveau récit Celui du jour qui se lève et de rire
Dormir Elle ne veut plus dormir Elle souhaite découvrir la ronde de la ville
Bientôt Elle retournerai dans sa compagne Et écouterai encore avec ses yeux
Et dans sa chambre d’enfance Quand Assise dans son fauteuil Elle éclatera de vivre
-11h47-
-A la guerre comme là naguère (début)-
-mNIm-
-30/03/2021-
Tout est fossé Le reste du ruisseau Le sentier creux D’entre les buissons
Tout est plutôt triste Il faisait la tête Tout en avançant avec l’équipée
Ils portaient A eux tous L’ensemble des pièces pour protéger les lieux
Il cherchait Sans plaisir A leur échapper A fuir dans ses rêveries
Il marchait dans la moue Dans la noue Dans la boue Il continuait
Il n’était ni en tête ni le dernier Mais il était le seul A ne pas vouloir parler
Dans les conversations trônaient les incantations de Shakespeare enfant
Ressortaient aussi Des pensées païennes Et des recettes rusées de Rabelais
Lui n’avait plus faim Il regardait ses pieds Dans ses bottes Dans les mottes
Ils essayaient de ne pas se faire remarquer La tête presque baissée
Ils s’exprimaient Entre deux bruits de feuilles ou de cailloux Entretemps
Ils savaient que c’était lui leur guide Qu’il connaissait la région Par cœur
Sinon il y aurait longtemps qu’ils lui auraient proposé de s’arrêter là
La boue de la noue Les buissons frémissant Cachaient leur peur Avant d’être arrivés
-16h26-
-Le haut soleil (fin)-
-mNIm-
-30/03/2021-
Je les vois repasser Dans la direction du village Les reconnaissant à peine
Leur visage couvert de boue Couverture essentielle Dans les temps naguère
Paul En tête Ne voulait plus siffler Pour laisser aux oiseaux Leur chant
Je repris la route de la ferme En m’éloignant de cette troupe Si résistante
Mon ombre marche au soleil Mes pas tapent les pierres En rythme
Le cliquetis des cigales Me rappellent que les foins seront bientôt coupés
Je croise des allées bienvenues des marronniers de la ferme du château
Il y a déjà longtemps Que les cailloux du château Nous servent de ruisseau
Par le sentier de la prairie Presque personne n’était aux champs La forte chaleur
Sans penser à me cacher Je regarde encore passer Les avions de la guerre
Sans écouter le bruit des mitrailleuses du siècle d’avant Inutiles et vieilles
Les villageois ne pouvaient se protéger leurs maisons Qu’en faisant du bruit ailleurs
Et c’est dans la noue de la ferme tombée Qu’ils s’étaient installés Horrifiés
Quand le soleil commencera à me caché mon ombre Dans les blés étalés
Je déciderai à rentrer
-16h58-
samedi 27 février 2021
-Me pousse le temps-
-mNIm-
-19/02/2021-
La haute route tressaille de vent et de taches de notre grand soleil
La pointe A l’horizon Assemble les milieux et les bas-côtés du chemin
Je devine avec largesse Le sentier Avant d’être une vois romaine
Je perçois Avec satisfaction Les mensonges d’herbes Et les bois blessés
Tout se déboutonne Les branches fortes Déjà tombées Si sèches
Les pavés recouverts de bleu-bitume Et le sable mélangé à la terre
Mes bottes me tiennent vraiment trop chaud Devenir un va-nu-pieds
Le cartable gonflé de trop de carte Ne me servira plus à rien
J’avance Les autos jaillissent J’avance Aucun piéton ne me rejoint
Les herbes plus vertes que les coquelicots bleus La savane minuscule
L’horizon se lance au loin Comme les espoirs inextinguibles
Et je me débarrasse du lendemain La plante des pieds aux fleurs
Le parfum L’éternel parfum résonne Comme la beauté des bas-côtés
-16h22-
-Boutons éteints-
-mNIm-
-22/02/2021-
Je pensais à la pointe d’un sein Comme mes idées des deux sommeils
Des deux soleils Je croise les yeux Fermés par l’arrête de mon nez Là
Je dévisage Dans un rai de lumière Une forme louée dans mes pensées
Te souviens-tu du collage Comme du sable Sur les eaux de la transpiration
De la mer Venteuse de sa beauté bruyante et lourde Dans ses larges vagues
Que vais-je recueillir Dans le creux de mes mains La tendre volute Pleine
Le contre-jour cachait ton sourire Laisse-moi glisser le bas Sorti de l’eau
Je pensait à la pointe de la vie Au-delà de la couverture pointue de rouge
Du rose vagabond Dans les airs de te porter Dans la suave chaleur
Je me penchais sur ton cou Composé de l’habit de la nuit Si tiédeur retenue
Je sentais l’envie de suivre les dunes parfumées de tes rivages tendres
Aussi Si je suis le chemin Entre les buissons Me piquent Dans la curiosité
J’arrive à porter mes rêves Vers le centre de la mer A ce boutons qu’est le nombril
-18h47-
-Tu m’enrobes-
-mNIm-
-22/02/2021-
J’ai opté Pour plus de lumière Pour une robe de tulle Diaphane et claire
Une cerise dans la chantilly de mon corsage Tu n’es vraiment pas sage
Une plume dans l’élan de mes pieds Vernis de mes souliers montés
Une rosace de ficelle dans les plis de mon dos Arrière Laisse sur ma peau
Aussi Si tu le désires Je te ferais ressentir la longueur de nous approcher
Je ne donnerais de la suie du feu Les ombres envahissantes à mes hanches
Regarde tu ne vois rien La cerise reste cachée Le froissé de mon ventre disparait
Le soleil ne dit rien de la poudre de la vie Pleine de mes cœurs arrondis
Si le temps le permet Je te lâcherais les cordes de mon plat bassin
Je t’étalerai de croire que tu as emporté Les suites étincelantes et fières
Je supposerai que tu veux De plus à plus encore T’approcher de la robe
Je dévisserai mes épaules Sublimerai en ha ut de mon cou Un sourire
Et pour éviter de te fermer les yeux Je regarderai ailleurs Pour plus de lumière
-18h33-
-Photographiquement-
-mNIm-
-26/02/2021-
Je me souviens D’un jour ancien J’étais si jeune Et la montagne verte
Ailleurs Elle aurait été blanche Où pleine de cailloux Elle pose
J’avais vu les herbes Clopinant dans le vent Entre les fleurs si petites
Quand le soir revenu je me suis arrondi Près de l’oreiller Prêt à rêver
La lune brille entre les branches Le bleu du ciel s’est enfoncé de noir
Les pas de la côte Et de la vallée Alternent les nuages Et les rayons de miel
Fraîcheur du vent Catastrophe de la minute Rien ne bouge Le sommeil
Avec un reflex de l’imager L’œil collé au verre de la machine souvenir
Le bouton carré Et le bouton des seules fleurs Nature Doigt sur le bouton
Je notais dans mon cœur Le parfum du soleil Lancé entre les pas
Je ne marchais pas vite Pas beaucoup Patience Vous m’attendrez encore
Je me penchais sur le grand édifice de la pleine terre Du sec au doux
Je passais près de la roche Sans chercher à la reconnaître Juste passer
Et ce soir La porte et la fenêtre Dans le reste des volets D’autres arbres forts
La belle lune parle au nuage L’attente de la belle image Développée dans le noir
-19h04-
-Ressort-
-mNim-
-26/02/2021-
Ne secouez pas le sort Ne vandalisez pas les rebords de la vie Arrêtez
Faites Aux tempêtes de vos habitudes Des remarques sans obligations
Dites Au dimanche de solitude Que vais-je dire Que de moments flasques
Passez Vers l'écoute de la redingote de l'hiver Aux cris pour la petite culotte
Le maillot pour la mer Les terrains des vagues de sable Et la houle
Où pensez-vous aller Avec les sordides bavardages Vêtus de commentaires
Ne pliez plus les cartes A jouer aux ballons de l'écume Regardez la route
Le vêtement enfilé au son de l'horloge Ne rentrez plus A la bonne heure
Restez la nuit durant Couché avec Dans le creux de bâbord L'envie de fluide
Prenez la main des sortilèges Causez A ne vouloir que dire Les souvenirs
Aussi Le temps envolé Pour soupir et commencement de la nouvelle vie
Je ne t'ai pas rencontrée à la mer Je te revois Le corps entourant la musique
Ce n'est pas la bourrasque Ou le diable C'est l'harmonie du cœur élancé
Ne vous emportez pas Nous le vivons ensemble Et l'amour nous a jeté un sort
-Décalque à manie-
-mNIm-
-26/02/2021-
Le vent C'est du papier transparent Le soleil C'est une braise vive
Le soir C'est le retard Il me reste à franchir Un catalogue de fantaisie
Ce matin Ta place chaude Contre mon corps Si vide Pleine de la journée
Ton oreille a laissé une empreinte Dans les plumes Dans ma main
Osez me réveiller Pour me faire parcourir Les sourires d'une belle matinée
Tu es en train de boire une goulée noire et chaude Comme un jus de l'orange
Le gâteau croustillant ressemble à un baiser De me prendre A te donner
Sur la table S'articulent les couleurs d'une serviette pliée de jaune et de rouge
Sur la chaise La chatte s'est calée Entre tes hanches du ronronnement
Chacun débute l'heure du chant Des oiseaux Chacun pense Osez le soir
Chacun envisage de tout dire de l'envie De se lever Et de courir la vie
Ta main me pose Tes lèvres ont frémi Quelques mots Plaisir de te répondre
Amour Tous les matins sont aussi flexibles qu'une feuille du papier lisse
Où vont être écrites nos paroles de vent Nos lettres par cœur Et sur toi je me calque
-19H49-
vendredi 29 janvier 2021
-L’impossible possible-
-mNIm-
-19/01/2021-
Un possible Peu de m’emporte Voire de tous les impossibles temps
L’un d’autre jour Avons creusé la viande des espoirs Tout était dedans
Le calme du calamar Le cru de la table cigogne Et le fruit du vent
Aurons-nous assez de libre enchanteresse Et aussi Pour se dépasser
De crible au centre de nos pensées Pour ensemble réévaluer le chant
Dans ta musique Nos idées ont des pièges garnis de force plaisir
Aussi Nous pataugerons De voix de lettres Sur la route effilée de la vie
Par la vocation des ridées du sublime Le possible trouvera place
Trouverons les charmes de digérer la rugueuse vérité des alentours
Dans le chemin des laines Où le vertige nous donne place vacante
Où le plastique des conditions Fait virevolter le partage de nos cœurs
Par le mélange des rondes philosophies Par la volonté des tous unis
Peu l’emporte A moi Peu m’importe Les possibles ne se ressemble pas
-18h44-
-Marie Elle ne l’avait pas-
-mNIm-
-20/01/2021-
Surement un vendredi sans son Saint Juste une venteuse convoitise
S’avaient mangé du porc toute la semaine Quand vient le samedi
Un autre jour Un comment dire Une place fraîche pour l’automne
Mes fleurs avaient été coupées Par les oiseaux de passage Il y a une semaine
Les racines s’étaient recroquevillées Sous les glaçons des feuilles lasses
Avec un petit frisquet Chacun cherchait le chaud Sous son manteau
Elle Elle ne voulait pas quitter le voile bleuté De sa soumission
Elle avait perdu l’habitude d’aller travailler Au champ et en forêt
Un balai et une pelle Un chiffon Une culotte sale Un grand drap
Deux assiettes L’enfant n’en avait pas encore besoin Et un plat brûlé
Un oreiller avec des gouttes sèches Une paillasse Un drap taché de rouge
Ce matin Elle s’était levée trop tard Quand lui était déjà reparti
Elle avait changé de chasuble S’était trouvée ronde et sèche
Elle avait repris ses activités solitaires Sans lui Elle ne l’avait pas dit
Marie Elle ne l’avait pas dit
-16h34-
-Marie la mésange-
-mNIm-
-20/01/2021-
Lui avait un moineau Ni petit Ni même très gros Et ne s’envolait plus
Dans son tas de charbon La mésange chantait Pour le plaisir de Joseph
Tachée D’un noir plutôt gris Dans la cave de la maison Le tas long
Lui ne descendait jamais plus bas que le tronc La dévisageait seulement
Elle La tête haute dictait En notes précises Sa décision de fuir de là
De revenir Quand la chaleur sera de retour Ou que la cheminée fumera
Avec son sceau Il baisa les yeux sur les traces de noir A ses pieds
Elle lui tournait le dos Sans valises Sous son voile Aller chez les voisins
Il ne savait pas allumer le feu Avec une saison devenue froide et dure
Elle ne chantait plus Elle avait juste changé d’arbres et de cour
Elle le voyait cherchant les vers et les baies certes rares en cette saison
Elle ne l’avait pas dit Pourtant le moineau lui semblait le plus beau
Si petit Ni même grand Elle lisait ses envies Et faisait mine d’ignorer
Et puis C’est bien connu La mésange charbonnière ne veut pas rencontrer le moineau
-16h53-
-J’ai fait un carton-
-mNIm-
-22/01/2021-
Le carton n’est pas bien épais Contient des frites en plastique Et l’or
De la nature Il reste le vent coupable De nous lancer la pluie
De s’abattre sur les tuiles dures Et rouges de froid Bientôt elles cassent
Dans le carton Avec un scotch Un collant fin de toutes les couleurs
Comment vais-je envoyer ce cadeau de la nature A cumulus
Je cherche l’adresse du nuage J’ai une lettre pour lui Un paquet
Une miette du climat d’avant Comme un champignon sous un arbre
Une sorte de phénomène Que j’ai décollé de la tuile tombé de l’atelier
Des taches de tes couleurs Délicates et frêles Venues de la grêle
Placée sur le dos d’une feuille rose La dentelle des lueurs du ciel
Surprise Elles étaient à moitié détachées Comme une lumière de vent
L’adresse Je n’ai pas d’ailes Pour envoyer au cumulus des hauteurs
Alors J’ai téléphoné au Père Noël Il m’a dit L’année prochaine en passant
Alors j’ai mis le carton Près du tas de sable A côté des plumes des poulets
Ce matin Le carton n’était plus là Et un large arc en ciel entourait toute la ferme
-11h35-
-Feu la vieille plante-
-mNIm-
-22/01/2021-
Le froid persiste Nous avons caché quelques plantes fragiles C’est la trêve
L’année dernière Nous avons laissé la forêt s’occuper des dernières fleurs
Elles n’ont pas duré bien longtemps Au premier printemps de décembre
Il nous restait Des pétales sur le sol Et des feuilles roussies Ratatinées
Alors cet hiver Nous n’avons pas attendu Les pots à la cave Pour les belles
Nous n’avions pas prévu que la lumière ne passerait pas le vasistas
Que le vent gelé viendrait tordre les tiges Et que va dire Angèle la vieille
Que nous ne connaissons rien de ces choses-là Abas les ignorances
Mais pour le lierre Le pied autour de l’arbre Il a bien fallu ne rien faire
Angèle est très fière des lierres du jardin Avec leurs couleurs différentes
Pauvre Angèle Elle ne verra plus les arbres enrubannés de cet été
Nous sommes rentrés De mettre sous la terre Hier La fin de la matinée
Angèle aimait les plantes Et cet hiver Nous les avons encore mal cachées
Ces très vieilles plantes plantées là
-11h52-
-Energumène Mais où-
-mNIm-
-28/01/2021-
Energumène D’une certaine façon Ainsi Par tout le monde Se laissait nommer
Comme un rat de laboratoire Ou une pie A la recherche d’une pierre précieuse
Avec le dos cassé Au dessus de sa planche à écrire Avec les doigts pliés
L’œil vide comme un poisson en train de frire Et qu’il baigne dans l’huile
Où dans les odeurs de gâchis D’avoir encore trop chercher Aujourd’hui
Il observe le monde en devenir les parois des êtres entre eux Les silences
Les mots qui rapprochent les sourires Ou qui créent le mur de l’incompréhension
Il enregistre les bruits sur le marché Les suivants dans la file d’attente
Les passe-moi le sel de ses enfants Quand ceux-ci nient l’affection de leur mère
Comment savoir Où il en était Peut-être parlait-il à ces saint de l’âme
Ce matin Il semblait heureux Et avait abandonné son poste d’observation
Un mélange de phrases Ecrites sur le papier froissé lui servait de répertoire
Quand il voulut mettre son manteau Il n’en avait plus Depuis le temps
Cela semblait court Pourtant Depuis deus ans Il ignorait de regarder à l’extérieur
Son plan de travail touchait à sa fin Il était joyeux Sans que personne ne sache
Où cela le menait
-18h44-
jeudi 28 janvier 2021
-Fenêtre sure-
-mNIm-
-08/01/2021-
La fenêtre sera-t-elle ouverte Pensive du tendre De la belle demoiselle
A se regarder Paysage des arbres seuls Et des pièges des orages
A se placer Sur le presque mélange Sur les frissons de vent
Devant les rideaux Elevés vers les songes S’amenuise le temps
L’horloge de ta tête me retourne Et me M’élancent les tonalités
J’aurais été alitée J’avais positionné mes sentiments A la vide
A la vitesse de mes faibles réflexions Abandonnées aux rêves
Bientôt je retrouverai le tendre Le soulèvement des feuilles
L’écriture commence avec le premier geste De la voix très haute
Mottes de lèvres Le tronc aux écorces du son s’emmêlent mes leurres
Les leur De musique à porte de l’invention De la molle évolution
Vous me donner le sentiment de la fenêtre Et vous dis Je vois
Les branches aux feuilles discrètes Et aussi De tout commence l’ici
-17h21-
-Texte pour la faim-
-mNIm-
-08/09/01/2021-
C’est la fin du commencement Cariatide absolue Pour porter le toit du monde
Le russe Dans sa chute vertigineuse Est le sosie de marguerite en hiver
Quand au printemps Tout à coté du coquelicot Couchés dans les herbes
Quand l’escalier ne nous emmène plus Quand les hauteurs sommets
Que la tête s’enlise dans les nuages violentés par les venteuses
Les pluies insaisissables Les pianos plus rapides que les prestos
Les si Plus longs que les doutes de la chute Aussi bas que le sol
Dans un siège de moins de confort Que le temps des Je t’observe
Ecoute le souffle lancé Après le cœur de tout l’être revêtu nu
Absorbe le silence Entre deux portées d’une danseuse arrêtée
Entre la science du sentiment plein d’illusion Et de tout le reste
Laisse le sommeil éveiller De retour à la nuit La musique
Sournoisement La vérité a été Est là Et va venir Quand le spectacle commence
-01h20-
lundi 4 janvier 2021
-Coulée des airs-
-mNIm-
-30/31/10/2020-
Courir je n’ai plus rien à déverser sur mes horribles pots
Habillé de ruines d’un autre printemps Cassettes Feurs des champs
Tu m’as regardé m’enfouir de rentes et de sacrilèges trop légers
Et de la légère tétée ventrue Enracinée à l’acrobate d’une pensée
Mais bien Laquelle Une flute le long d’un chemin Une casserole
Tu as tenté de parfumer les pierres Le long de la truite à la musique
Tu as aussi le désir de plonger Des landes de marche à pied
Des connivences hasardeuses aussi solides que les étoiles perdues
Tu es l’autre Toute prête de moi M’aider Me tendre les paupières
Si la bonbance Et si le cramoisi de mon sang S’évaporer le sale
Tu avais ton sac de main et de deux pieds Un pouce levé très haut
J’étais cet autre Que la flaque d’eau repousse Dans les herbes fausses
-02h25-
-Vers d’autres aujourd’hui-
-mNIm-
-30/31/10/2020-
Je savais bien que je n’avais rien à pire Le carton de ma valise
Une chemise sur le dossier A t’offrir un rendez-vous ballant
Je savais marcher en gros Comme l’Archibald de mes légumes
De mes propres poireaux Entre deux salades Prononcées en volute
De qui d’autre je saurais parler d’autre que les autres habitants
Mes esprits quittent le rôle alambiqué Que je donnerais des raides
Un autre étirement vers la parole Murs et repentis se décollent
Une pleurote sans son chapeau Les troncs des grands centenaires
Une vie à faner les redondances Pour se donner bonne confiance
C’était ma valise Le miroir est cassé Mais ma main te tient encore
Tu seras mon autre encombrement Dans mon sourire Dans mes soupirs
Et mon amour Ecoute la pluie revenir d’un autre paysage
C’est sans doute le mots doux Que se glisser dans bien d’autres oreilles
-02h36-
-Ta lumière-
-mNIm-
-31/10/01/11/2020-
L’ampoule Promenade au fil du temps Cela recommence l’aveugle
Les carreaux de faïence La place de la porcelaine j’ai la haine
La cour arrière donne de l’ombre à la grande fenêtre cassée Rideau
La place des lunettes change tous les jours Bien loin du monastère
Sur l’évier Le triste sort de la fourchette Tordue Pas de repas Frugale
Juste une tromperie sur la position du lit Sous le vasistas caché
Juste sous le crane Une enveloppe de vingt billets des jeux d’enfants
Où va partir la lueur Dans la course électrique Sur le mobilier en jeun
Personne n’est rentré ce soir Le verrou est resté ouvert Jusqu’au polochon
Des vêtements de la noble vieillesse Aussi raccourcis que le dos courbé
Des papiers peints Comme des titres de journaux Des mots si lourds
J’ai attendu que tu me reviennes Et j’ai trouvé le sol gelée les plats cassés
Je me suis les paumes Les doigts Les poignets attachés au bracelet de notre amour
-00h08-




































